Le cadre monétaire évolue alors que l'incertitude gagne l'Allemagne

Jeudi 23 Novembre 2017

Philippe WaechterLa croissance française atteindra finalement 1.8% en 2017 et une prévision à 1.7% pour 2018. Un chiffre qui apparaît aujourd'hui comme un pic, en haut du cycle, renouant avec les données d'avant-crise. Il semble pour autant difficile d'aller beaucoup plus vite en terme de croissance. Par ailleurs, le fait d'être au pic signifie qu'il est temps d'appliquer une politique d'austérité budgétaire pour tenir les engagements en matière de finances publiques notamment. Cela permettra de donner des marges de manoeuvre en anticipation de périodes moins propices. L'économie doit être reconstruite grâce à une nouvelle statégie en politique économique qui sera cruciale au cours des prochains mois. 

Plus largement, la situation future de l'Europe va en partie dépendre de l'Allemagne puisque la mise en place d'un gouvernement de coalition allemand regroupant les conservateurs (CDU et CSU), les libéraux (FDP) et les verts a échoué. Angela Merkel n'est plus maître du jeu et c'est désormais Frank-Walter Steinmeier, le président allemand, qui endosse ce rôle. Cette confusion laisse présager que les réformes européennes ne seront plus forcément au coeur des préoccupations allemandes dans les prochains mois. De quoi affecter la dynamique de l’activité et de l’emploi en Europe.

Evolutions de la politique monétaire aux Etats-Unis et au Royaume-Uni

Outre-Atlantique, le cadre monétaire global est en train de changer avec l'arrivée de Jerome Powell qui remplace Janet Yellen à la tête de la Fed (Federal Reserve - Banque centrale américaine). Une nomination qui intervient alors que la Fed s'est inscrite dans un contexte de normalisation de sa politique monétaire. En effet, la Fed a remonté ses taux d'intérêt et baissé la taille de son bilan dans une situation de quasi plein emploi aux Etats-Unis. Jerome Powell devra écrire la trajectoire de la politique monétaire américaine. Sa nomination par Donald Trump reflète son penchant pour une dérèglementation bancaire qui aura des conséquences à l'échelle mondiale. La situation américaine pourrait être plus fluctuante qu'imaginé.

Changement de politique monétaire également au Royaume-Uni avec une remontée des taux d'intérêt de 25 bp à 0.5%. Cette dernière est justifiée par l'inflation mais on voit qu'il n'y a pas de persistance de l'inflation en 2018. Une vraie question est posée sur les raisons qu'a la banque d'Angleterre de remonter ses taux. Une certaine incertitude pourrait en découler puisque les raisons restent floues. L'inflation (3% environ) représente un choc transitoire et le Brexit, quant à lui, représente un choc réel, persistant et un choc potentiel de rupture qui est peu pris en compte par la banque d'Angleterre. La politique monétaire a en effet été calée sur le choc transitoire de l'inflation..

© Banque du Léman - Tous droits réservés