La politique monétaire devrait rester accommodante jusqu’en 2019

Mardi 13 Juin

 Philippe Waechter  Jeudi dernier le président de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, donnait une conférence de presse à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire. Il a insisté sur le fait que la BCE ne changerait pas sa politique monétaire.

En cause, l’inflation qui reste bien loin de la cible des 2% fixée par la Banque Centrale. Elle est insuffisante d’autant qu’elle reflète uniquement les fluctuations du prix du baril de pétrole, ce qui n’augure pas d’évolution hâtive de la politique.

Retour sur la mise en place d’une politique de taux d’intérêt bas

En novembre 2011, au moment où Mario Draghi devenait président de la BCE, la demande privée était faible, tout comme la consommation et l’investissement. Face à un contexte économique et politique incertain, l’option de l’épargne a été largement choisie pénalisant ainsi la demande adressée aux entreprises. Compte-tenu de la situation et de la mise en place de politique d’austérité, la zone Euro est entrée dans une longue période de récession jusqu’à fin 2012. Une baisse des taux d’intérêt a alors été appliquée pour accroître la demande et soutenir l’activité. La stratégie d’une épargne peu rémunérée a ainsi favorisé la consommation et une reprise de la croissance de la zone Euro. Début 2017, la demande privée a retrouvé une allure à la hausse plus robuste.

A terme, cette stratégie de la BCE pourra se traduire par une augmentation des emplois et des salaires. Maintenir cette politique monétaire est donc crucial et un changement de stratégie ne devrait pas se produire tant que l’inflation ne converge pas vers 2%, donc pas avant 2019.

La zone Euro connait une période plus optimiste ; cela devrait se traduire par une croissance plus rapide avec plus d'emplois et plus d'investissement. On note par ailleurs que la croissance mondiale est plus robuste, avec une amélioration dans la dynamique du commerce mondial. Seul le profil de l'économie américaine est inquiétant. Le manque d'impulsion résultant de l'absence de politique économique parait préjudiciable.

Les politiques monétaires restent accommodantes y compris aux USA après déjà trois hausses de taux d'intérêt. Tant que l'inflation ne s'accélèrera pas davantage ou que les pressions inflationnistes resteront réduites, les banques centrales ne se précipiteront pas pour changer de stratégie.

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